Chapitre 8 : C’est avec amertume que la cadette des Wandell avait regardé le soleil se lever et qu’elle s’apprêtait à le voir se coucher, peut-être pour la dernière fois de sa courte vie. Durant tous les jours depuis sa capture, elle avait gardé sa peur en retrait en gardant espoir, en gardant foi en son frère, en ses amis. Mais si la cachette avait été facile à trouver, les garçons seraient déjà venus à la rescousse.
Les filles n’avaient rien bu ou mangé depuis plus de 24h et avaient à peine fermé l’œil depuis un long moment déjà. Elles étaient toutes vidées, exténuées, autant sur le plan physique que morale. Il y avait quelques heures à peine, alors que Marie et Joanie demandaient une fois de plus ce qui allait arriver, pourquoi les mystérieuses femmes ne venaient pas les voir, que la chasseuse avait céder. Ally leur avait vaguement expliqué, tout en passant sa main à de nombreuse reprises dans ses cheveux et humectant ses lèvres de sa langue pour combattre sa nervosité, que les ravisseuses voulaient compléter un rituel d’immortalité, un rituel qui prendrait place ce soir, près de minuit. Durant tout son petit discours, elle n’avait cessé ses petits gestes nerveux en ne voulant pas donner l’impression d’être complètement folle et ne voulant pas non plus affoler les filles.
Ce ne fut pas bien long que Marie se mit à lui sortir tous les synonymes de folie possible, poussant impulsivement Alysea à regarder, presque agressivement, Joanie droit dans les yeux pour voir si sa nouvelle amie la trahirait. Instinctivement, Joanie tressaillit, son corps se tendant comme s’il sentait une attaque, mais elle maintient son regard sans céder. Lorsqu’Ally s’était rendu compte de ce qu’elle avait fait, elle s’était rapidement excusée et était partit s’assoir dans un coin de la petite pièce, seule, ressentant le besoin urgent et soudain de réfléchir, de mettre de l’ordre dans ses pensés confuses. Elle n’était pas restée seule bientôt longtemps car Marie finit par briser le silence de mort et l’immobilité de pierre de la pièce en se levant et allant rejoindre la chasseuse qui l’accueillit d’un regard méfiant et interrogatif.
-Écoute, avait-t-elle commencé, je suis désolée pour ce que j’ai dit, pour ce que j’ai fait, et pas seulement pour plus tôt, mais depuis le début. Je ne dis pas que je crois en ces folies, mais ce qui est important s’est que si ces femmes y croient, nous allons vraiment y rester. Si je venais à mourir et, par quelconque miracle, tu t’en sortais, je ne veux pas que tu te rappelles de moi comme la fille la plus amère de la Terre. Je ne veux pas que la dernière chose que j’aie dite soit une poignée d’insultes.
Pour la première fois depuis près d’une semaine, pour la première fois depuis sa capture, un petit sourire commença à apparaitre sur le coin de ses lèvres. Un sourire qui était certes un peu forcé, mais sincère. Ally, ne trouvant pas les mots justes, s’était contentée d’hocher la tête pour montrer qu’elle comprenait.
Maintenant, alors que leur dernière heure arrivait, littéralement, la sœur de Sasha se laissa glisser au sol au côté de la jeune journalisme qui avait sombré dans un silence total, un silence angoissé qui n’était trahit que par quelque sanglotements qui faisaient trembler ses épaules, dont une servait d’appuie à l’étudiante à sa gauche. Les larmes qui perlaient aux coins des yeux des jeunes femmes étaient à briser le cœur, même à celui du plus froid des hommes.
Lorsqu’Ally s’assit à leur côté, elle devait user de toute sa volonté pour ne pas céder à la peur, à la panique comme les autres prisonnières l’avaient déjà fait. Elle continuait de naïvement croire qu’il restait une petite parcelle de courage dans le cœur de Marie et Joanie, une petite flamme, qui s’éteindrait pour toujours à la fraction de seconde où elle abandonnerait elle-même tout espoir.
Comme si le temps était au ralentit, Joanie tourna la tête avec une infinie lenteur vers son amie, laissant voir son regard complètement terrifié dans la lueur de plus en plus faible avec la tombé progressive de la nuit et l’approche du moment fatal.
-Ally…j’ai…p….pe…peur.
-Je sais, répondit-elle tout simplement.
Ally tendit ses bras pour venir serrer Joanie de toutes ses forces contre elle, cherchant autant à puiser de la force en son amie pour elle-même qu’à la rassurer. Au début tout semblait évident; son frère et les Winchester les trouverait en un claquement de doigt, débarqueraient, tueraient les sorcières et sauveraient tout le monde. Tout était si simple. Pourquoi? La réponse devenait plus mince, plus complexe, plus maladroite. Parce qu’ils étaient qui ils étaient? Car ils réussissaient tout le temps? Car ce genre d’évènement arrivait seulement aux autres?
Ally devait admettre qu’il n’y avait eu personne pour sauver Jeff à temps. Que si ses évènements arrivaient seulement à des étrangers, elle aurait encore son père à ses côtés et sa tante serait aussi en vie alors que Dean ne serait peut-être jamais mort en premier lieu. À chaque seconde qui passait, le désespoir commençait à gagner du terrain dans son cœur en admettant qu’il y avait une chance pour qu’elle ne parvienne pas à sauver tout le monde, peut-être même personne, incluant elle-même.
Lorsque la porte grinça en s’ouvrant, les doigts de la Wandel serrèrent les vêtements de son amie.
-Il est temps, lança la jeune femme au pendentif qui leur faisait face.
***
Les deux derniers jours avaient été à la fois les plus longs et les plus courts de la vie de Sasha qui continuait d’aider, ou du moins tenter d’aider, à retrouver sa sœur. Alors que la peur et le désespoir lui coinçait la gorge, il refusait de parler plus que le minimum, comme s’il craignait de trahir la peur qui était pourtant déjà plus que visible dans ses yeux. Aux côtés de Dean, il allait visiter les endroits possibles où les filles pouvaient se cacher alors que Sam faisait de même de son côté, empruntant la voiture de Sasha.
Le grand frère de Alysea mobilisait toutes ses ressources mentales pour ne pas s’élancer sur un long monologue sur pourquoi il «savait» que tout finirait mal, qu’Ally n’aurait jamais du s’y mettre, que les frères l’avaient surement poussé. Mais il savait au fond de lui que sa sœur était la personne la plus têtu du monde, si elle avait une idée dans la tête, personne ne l’influencerait pour la faire changer d’avis, dans aucun sens. De plus, ce n’était vraiment pas le temps.
Il marchait de long en large dans la chambre, passant et repassant sans cesse devant les frères, avec Dean assit à la table qui lui lançait des regards agacés alors que Sam était assit sur son lit, son ordinateur sur ses jambes croisées, tout en jetant sans cesse des regards à sa montre. Aucun des trois hommes n’avait fermé l’œil plus d’une demi-heure durant les deux derniers jours, trop occupé à chercher désespérément les précieux indices qui permettraient de sauver la vie des filles.
Fermant son ordinateur, Sam se leva, les yeux de son frère et Sasha qui se mirent à suivre chacun de ses mouvements, attendant une sorte de miracle se produire qui leur donnerait la réponse à l’énigme en court. Les observateurs le virent récupéré le sac de sort des sorcières récupéré chez Joanie, regarder le symbole attentivement pour la Xième fois de la semaine. Le temps ralentissait, chaque mouvement étant bien décortiquer alors que le cadet des Winchester retourna le tissu, sans laissant son visage trahir la moindre expression. Puis, brusquement, Sam se retourna et le lança de toutes ses forces contre le mur avec un grognement de rage.
-On perd notre temps ici!
-Whoa du calme Sammy! Intervient son frère en voyant que Sasha s’apprêtait à y rajouter son grain de sel.
Au lieu d’empêcher Sasha de répliquer, Dean alimenta plutôt les colères intérieures de celui-ci :
-«Du calme»? Nous n’avançons pas! Nous n’avons rien trouvé d’utile depuis des jours! Ma sœur va mourir ce soir si on ne fait rien et tu veux que je reste calme!
Sachant bien qu’il n’y avait rien à faire pour calmer ses compatriotes, Dean céda, réfléchissant plus vite qu’il ne l’avait jamais fait.
-Très bien, nous ne pouvons pas rester sans rien faire, mais nous ne savons pas où elles sont…Nous pouvons choisir les endroits les plus probables, se séparer et y aller.
-Alors nous sommes de retour à tirer à pile ou face pour trouver les sorcières? Je savais que je n’aurais jamais du ma sœur aller chasser car elle…
-Hey! Si quelqu’un a une meilleure idée, sentez-vous libre de la partager avec la classe!
Dean regarda Sasha, puis son petit frère droit dans les yeux, priant intérieurement de recevoir une autre suggestion, une bonne suggestion, qui les amènerait droit à Ally. Il n’était pas aveugle, il avait été témoin de l’évolution des sentiments de son frère pour la jeune chasseuse et pour rien au monde il ne voulait voir son petit frère souffrir de nouveau : il fallait retrouver Ally. Comme personne ne répondit, il reprit alors la parole, tentant de prendre le ton le plus autoritaire possible dans le but de convaincre son auditoire :
-Très bien, Sasha, tu viens avec moi voir la vieille usine abandonnée de l’autre côté des fermes. Sam, va voir dans le boisé de l’autre côté de la ville. Ce sont les endroits les plus susceptibles de faire le rituel et tuer quelqu’un sans que quiconque ne s’aperçoive de quelque chose. Nous les retrouverons…à temps.